Portant le saillant pseudonyme de Le Pot, j'ai souvent eu droit à de petits calembours forts déplaisants, celui revenant le plus souvent étant "Popo". Ui, je parle bel et bien de cette glorieuse expulsion d'une petite partie de nous même, qui reste néanmoins un corps étranger. D'ailleurs, Le Pot ne comprend pas pourquoi ce sujet reste tabou dans notre société. L'ère monarchique avait tout compris : les besoins naturels se fesaient sur le trône même, et c'était top classe d'assister au Popo du Roi. C'est donc ici que je constate que l'être humain est bourré de contradictions : l'Homme est en effet capable d'être à la fois écoeuré puis ravie de son propre fonctionnement.
Je m'explique : donner naissance est considéré comme l'accomplissement d'une vie, et de tout temps, la naissance a été vécue comme l'oeuvre la plus belle que Dame Nature nous ai offerte. Mais à l'inverse, le Popo est, comme je l'ai déjà expliqué, perçu comme un sujet tabou. Il s'agit pourtant d'un acte que tout le monde fait régulièrement, mais cependant sans la moindre fiereté : on n'envoie pas de faire-parts annonçant l'arivée du Popo, et on ne reçoit aucune félicitation, personne ne s'extasie :"oh ! comme il ressemble à sa mère !" ou "Qu''il est choupi trognon ce Popo", on ne cherche même pas à le nommer ! Je suis sûre que si on attribuait de petits sobriquets à notre Popo, chacun serait beaucoup plus épanoui et en paix avec lui même, et fini les crimes, la violence, le terrorisme, la pollution, la crise... Bref, expluser un bébé, ça rox; expulser un Popo, ça suks. Mais pourtant, pourtant ! ces deux actes, ô combien perçus différemment, sont, ô combien semblables.
Explication n° 2 : comme je l'ai déjà défini, le Popo c'est : une glorieuse expulsion d'une petite partie de nous même, qui reste néanmoins un corps étranger. N'en est-il pas de même pour un enfant ? Question de rhétorique; oui, il en est de même. De plus, le Popo pose nettement moins de problème. On s'assoie, on pousse un cou, et hop ! Certains iront même jusqu'à pousser le vice en se retournant, une fois fini, histoire de voir ce beau Popo que nous avons là. Faire sortir un bébé de son utèrus, c'est légèrement plus douleureux, le bébé naissant dans toute sa fénéantise lors de l'évenement le plus important de sa vie, en plus d'être d'une indéniable inutilité. Je vous l'accorde, il y a probablement des exeptions (Mère Theresa qui naquit avec un bol de soupe dans chaque main, histoire de ne pas predre de temps, par exemple)
Il y a donc de quoi s'interroger sur le bon sens humain. Pourquoi tout cet engouement pour le nouveau-né, un amas de trucs plutôt dégueux dans un corps taille ultra small, d'une couleur rose homard et poussant des cris à faire pâlir de jalousie tout groupe de Hard Rock.
Certes, mettre au monde un foie ou son intestin grêle c'est moins ragoutant, mais nous ne somme rien d'autre qu'un bête enchevêtrement d'organes dans une envellope corporelle, pardi.
Donc je vous le redis, l'époque monarchique avait tout compris : le Popo du Roi était adulé alors qu'on se préocupait de sa progéniture autant que de la question existentielle : si j'attache une tartine beurrée sur le dos d'un chat et que je le lâche du haut des toits de Versailles, va-t-il attérir sur ses pattes ou sur son dos ?? Pardi.
Le Pot est mort, vive le Pot ! Et son Popo.